La culture de la diaspora à l’honneur
Avant d’endosser ma responsabilité de ministre chargé de la Communauté Marocaine Résidant à l’Etranger, j’avais de nos compatriotes expatriés une vision floue et lointaine, émaillée des stéréotypes habituels que notre imaginaire collectif véhicule communément à leur égard. Ce n’est que quand je me suis engagé dans une réelle connaissance de ces Marocains du monde, comprenant de près où et comment ils vivent, parlant avec eux de ce qui les intéresse dans une langue franche et directe qui a facilité les contacts paritaires que j’ai commencé à les percevoir sous leur vrai jour. Je suis alors allé de découvertes en surprises, émerveillé par la richesse et l’étendue du vivier de talents et de compétences insoupçonnables qu’ils offrent tant pour le pays d’accueil que pour leurs racines.
L’image biaisée et quelque peu dévalorisante que nous avions de l’émigré d’antan s’est peu à peu estompée puis effacée pour céder la place à celle d’une génération nouvelle, au profil de plus en plus "intellectuel", comptant des noms qui ont su s’imposer et imposer leur respect par leurs savoir et savoir-faire dans leurs sociétés d’accueil, malgré le handicap que représentait leur condition d’expatrié.
Ces compatriotes gagnent à être connus et reconnus dans leur pays d’origine. Leur notoriété rejaillit sur le Maroc et la fierté que notre pays en tire n’a d’égal que le besoin qu’il a de leurs apports, à tous les niveaux et dans tous les domaines. Je peux le dire en connaissance de cause, le destin du Maroc est lié au degré d’implication de ses femmes et de ses hommes expatriés dans les chantiers de sa modernisation et de son développement, aujourd’hui autant sinon plus que par le passé.
Quand l’idée nous est venue, avec nos partenaires au Conseil de la communauté marocaine à l’étranger et au Ministère de la Culture, de faire de la migration l’invité d’honneur du 16ème Salon International de l’Edition et du Livre, c’était justement pour offrir aux talents expatriés du monde de la culture un espace et un cadre où s’exprimerait notre reconnaissance à leur égard. Certains, parmi les noms qui vont meubler ce salon, acteurs incontournables de la scène littéraire nationale et internationale, ne sont plus à présenter. Mais pour d’autres, venant de contrées lointaines ou utilisant des langues auxquelles nous sommes peu habitués, le SIEL est là pour nous rapprocher de leur monde, ajoutant par la même occasion des pièces supplémentaires à la mosaïque si variée de notre culture.
Je ne doute pas un seul instant de l’immense intérêt de consacrer un salon à la culture émigrée. En tout cas, j’espère que cette initiative rencontrera le succès qu’elle mérite, ce qui nous encouragera à la rééditer et pourquoi pas à la décentraliser. D’ailleurs, dans ce domaine, la nouveauté est constante et la création perpétuelle, et un rendez-vous périodique et régulier pour en rendre compte ne serait pas inutile. Il contribuera à cet enrichissement dont se nourrit la culture de tout pays ouvert et accueillant comme le nôtre.
Je ne voudrais pas laisser passer cette occasion sans saluer tous ceux qui ont collaboré à la tenue de cette édition exceptionnelle du SIEL. Je le considère comme une pierre de plus apportée à l’édifice que nous érigeons avec nos partenaires, notamment le Conseil de la communauté marocaine à l’étranger, dans le cadre d’une stratégie globale visant à rapprocher le Maroc de ses citoyens expatriés et les Marocains du monde de leur patrie d’origine.
Mohammed AMEUR
Ministre délégué auprès du Premier Ministre
Chargé de la Communauté Marocaine Résidant à l’Etranger